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Communiqué de presse : Renouvellement des moyens de défense aérienne de la Suisse : un investissement nécessaire qui bénéficiera aussi à l'économie régionale

Delémont, le 1er septembre 2020 - Le Comité jurassien « Oui à la sécurité aérienne le 27 septembre » a réussi à fédérer aussi bien les partis de droite que ceux du centre ainsi que les milieux économiques. Cette large alliance a présenté mardi (1er septembre) ses arguments à la presse. Le Comité souligne la nécessité de maintenir la souveraineté du ciel helvétique avec des capacités de défense adéquates.

Nous ne savons pas ce qui se passera dans 30 ou 40 ans. La situation géopolitique actuelle est de plus en plus instable, notamment au-delà des Balkans. L’armée doit être prête à faire face à toutes les éventualités : maîtriser non seulement les cyberattaques, les catastrophes naturelles et les pandémies mais aussi faire respecter notre souveraineté. L’émergence de nouvelles formes de risques ne remplace en rien les anciennes menaces, mais les complète.

Aucun pays n’a renoncé à sa flotte aérienne pour se concentrer sur la cyberdéfense. Pour augmenter la sécurité de la Suisse, un droit fondamental du citoyen, nous sommes forcés d’admettre que nous avons besoin de nouveaux avions performants. Or nos Forces aériennes prennent de l’âge. Les F-5E Tiger, acquis en 1978, sont déjà obsolètes. Et les F/A-18 atteindront leur limite en 2030. Il n’y a pas non plus de plan B. Ni les missiles sol-air, ni les avions d'entraînement légers, ni les hélicoptères ou les drones ne peuvent remplacer les intercepteurs et couvrir leurs missions. Le renouvellement de nos moyens de défense aérienne s’impose donc, sans quoi notre espace aérien sera sans protection d’ici 2030 et soumis à la protection forcée de nos voisins ou de l’OTAN. L'armée ne pourra pas accomplir son mandat de défense, à savoir protéger la population et les infrastructures, uniquement avec ses seules forces terrestres. La sécurité est une chaîne : supprimer un des maillons de la chaîne affaiblirait l’ensemble du réseau sécuritaire.

Sur le plan économique, l’achat des nouveaux avions profitera à la Suisse romande par le biais des affaires compensatoires. Ces dernières s’élèveront à 60% de l’enveloppe des six milliards. La Suisse romande recevra 30%, c’est-à-dire un peu plus d’un milliard. Une bonne nouvelle pour nos entreprises romandes et plus particulièrement jurassiennes en cette période de crise. Sont notamment prévus au titre des affaires compensatoires : les métaux et machines, l’horlogerie, les produits en caoutchouc, l’électronique, l’optique, c’est-à-dire des domaines d’excellence de l’économie jurassienne. Certaines entreprises jurassiennes, déjà actives dans l’aéronautique, pourront donc se profiler et prétendre à des mandats directs ou de sous-traitance. D’autres y trouveront l’opportunité de se diversifier en entrant sur ce marché à fort potentiel technologique.

Le coût d’acquisition des nouveaux avions s’élève à six milliards de francs (environ 8% du budget de la seule Confédération). Ils figurent au budget de l’Armée et ne seront donc pas dépensés au détriment du social, de l’éducation ou de la culture, comme le prétendent les opposants. Il s’agit certes d’un investissement important, mais absolument nécessaire pour donner à notre armée les moyens de fonctionner efficacement et garantir la sécurité de l’espace aérien suisse.