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Communiqué de presse : Initiative "pour une immigration modérée" : dire NON pour ne pas ajouter "une crise à la crise"

Delémont, le 4 septembre 2020 - L’initiative « Pour une immigration modérée », soumise au peuple suisse le 27 septembre prochain, est néfaste pour l’économie et l’emploi et son acceptation plongerait la Suisse dans une longue phase d’incertitudes. C’est la conviction d’un Comité jurassien opposé à ce texte, qui a présenté vendredi (4 septembre) ses arguments à la presse.

Présidé par le M. le conseiller aux Etats Charles Juillard, le Comité réunit les présidents de la CCIJ et de la FER-Arcju, MM. Georges Humard et Patrick Riat, plusieurs chefs d’entreprise, des représentants du PLR, du PDC, des Verts-libéraux et du PCSI et un représentant du monde académique, en la personne de Prof. Dr Maxime Zuber, recteur de la HEP-BEJUNE, professeur à l’Université de Neuchâtel et président des Hautes écoles pédagogiques romande. Toutes ces personnalités mettent en évidence les avantages pour la Suisse d’une relation stable avec l’Union européenne (UE) au travers des Accords bilatéraux. Ceux-ci ont démontré leur pertinence et contribué à la prospérité de la Suisse. Ainsi, notre PIB par habitant a augmenté de près de 18% depuis l’introduction de l’Accord sur la libre-circulation des personnes en 2002.

L’acceptation du texte, qui veut limiter l’immigration en Suisse et mettre fin à la libre circulation des personnes avec l’UE, entraînerait de facto la résiliation des sept accords bilatéraux I acceptés par le peuple suisse en 2000, car ceux-ci sont liés juridiquement par une « clause guillotine ». Une catastrophe pour l’industrie suisse d’exportation, qui gagne plus d’un franc sur deux avec les pays membres de l’UE, mais aussi pour les citoyens suisses qui peuvent aujourd’hui travailler et résider partout en Europe. Le commerce, l’agriculture, les transports et la recherche seraient également perdants car couverts par les Accords bilatéraux I. La communauté académique, très concernée, rejette cette initiative de manière unanime en relevant la menace qu’elle représente pour la mobilité et la force d’innovation de nos hautes écoles. 

Aujourd’hui déjà, la liberté de travailler et de s’établir en Suisse n’est pas inconditionnelle : elle est encadrée et associée à des mécanismes de protection et de contrôle qui permettent de protéger le marché du travail indigène. Les chiffres montrent que la libre circulation des personnes a permis globalement d’améliorer les rémunérations. Par ailleurs, elle a dynamisé le tissu économique et entraîné une forte hausse du nombre d’emplois en Suisse depuis 2002. L’immigration nette de travailleurs européens évolue quant à elle en fonction des besoins de notre économie. La libre circulation des personnes, plutôt qu’une menace pour la Suisse, s’avère donc efficace et bénéfique à notre pays, à ses entreprises et à sa population. 

Le Comité relève enfin que cette initiative tombe au plus mauvais moment dans le contexte actuel de la pandémie. En nous coupant de notre principal partenaire économique et en plongeant la Suisse dans l’incertitude, nous ajouterions « une crise à la crise actuelle ». Les PME exportatrices en seraient particulièrement affectées, en particulier l’industrie jurassienne pour qui l’UE constitue le principal débouché. En cas d’acceptation de l’initiative, l’accès à la main d’œuvre frontalière, essentielle au fonctionnement de nos entreprises, restaurants, commerces et institutions de soin comme l’a démontré la crise COVID, serait limité par des contingents bureaucratiques, un système beaucoup moins efficace et flexible pour les entreprises.

Pour toutes ces raisons, le Comité jurassien contre l’initiative « Pour une immigration modérée » appelle à voter NON à cet objet le 27 septembre.